Rupture

Chère EDVIGE

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mercredi 10 septembre 2008

Chère EDVIGE,

Vous avez bien voulu proposer vos services aux français, soyez-en remerciée. Malheureusement vos compétences seraient plus utiles au sein d’une quelconque manufacture – où il est nécessaire de suivre à la trace chaque produit entrant afin de maîtriser son histoire – qu’au sein de l’une de nos administrations.

Les objets suivis dans la manufacture ne se soucient guère des buts de la direction de l’entreprise ; s’ils participent à la vie collective de l’entreprise, c’est à leurs corps défendant. Ils sont menés à la baguette, transformés même, et expédiés, en partie grâce au genre de services que vous nous proposez si gentiment et qui permettent à la direction de l’affaire de conserver une parfaite maîtrise du processus.

Or les êtres humains n’ont pas à être impliqués dans un processus. Ce n’est pas dans ce but qu’ils se sont organisés en collectivités, c’est pour que chacun puisse vivre sa liberté sans empiéter sur celle des autres. Comme ils sont doués d’intelligence et de sensibilité, de volonté et de désir, leurs buts respectifs sont très loin de constituer une affaire purement collective analogue à l’entreprise industrielle. Ils forment une communauté – des communautés – d’individus, pas une entreprise de collaborateurs. Ils souhaitent donc conserver leur autonomie dans l’action et la maîtrise de leur devenir.

Les hommes et les femmes n’ont pas à être dirigés, ils ont simplement besoin de se coordonner de temps à autre et souhaitent que l’Etat se contente de remplir cette fonction.

Croyez bien que nous ne doutons aucunement de vos compétences, c’est même ce qui nous amène à refuser fermement vos services, et ceux de vos collègues.

 
 
LE DEVENIR
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