Rupture

Un peu de lumière

Accueil > Points de vue > Rupture > Un peu de lumière

mardi 28 février 2017

Nos êtres politiques sont obligés ou se sentent obligés, la plupart du temps, d’apparaître en tons noirs et gris. Le noir et le gris ont la réputation de faire sérieux, d’imposer. En réalité, ces non-couleurs ne font qu’établir une distance entre les politiciens et la fête, la joie et le rire, entre leurs œuvres et la fête, la joie et le rire. Cela suffit pour donner une apparence de sérieux à ce qui ne l’est pas forcément, cela suffit à renforcer l’autorité formelle d’êtres dont la pensée n’a jamais, ou rarement, fait vraiment autorité.

Leurs choix vestimentaires nous donnent les couleurs de leurs choix politiques : le noir et le gris, avec une touche d’un blanc éclatant pour faire ressortir des poitrines supposées sièges de beaucoup de vertus. Et nous nous abstenons d’en tirer une leçon. C’est bien dommage, car cette leçon nous déciderait à nous débarrasser de ces gens porteurs de malheurs.

Mais il arrive parfois qu’une femme politique se dresse contre cela. En France, il y a quelques temps, il nous a fallu ainsi supporter du rose. Un bleu vif me semble quand même un peu plus gai, un peu plus énergique, et la personne qui le porte n’en est pas pour autant transformée en clown. Un Sarkozy n’avait pas besoin de vêtements de couleurs pour n’être qu’un dangereux clown, une sorte de petit diable à ressort dont nous ne nous sommes pas débarrassé à temps. J’espère que les étasuniens tarderont moins à se débarrasser du leur.

Bon, je n’en partage pas pour autant toutes les options politiques de la porteuse de bleu, loin de là !

P.-S.

Je préfère ne pas dire ici ce que je pense des cravates. Ce sera pour une autre fois. Peut-être.

Je vais aussi m’abstenir de me demander si le bleu de la jupe n’a pas ici le même rôle que le blanc de la chemise, parce que cela pourrait m’amener à formuler des hypothèses à l’allure malveillante, voire sexiste, et tout à fait erronées. Je ferais bien mieux de m’intéresser à la cravate… (rire)

(ajouté le 21 mars) Sur la photo, c’est quoi le truc en arrière-plan, la silhouette humanoïde dans une position étrange et bizarrement accoutrée ? Un jouet pour amuser nos maîtres ? Un élément du décor valorisant et imposant le décorum, c’est-à-dire donnant une apparence de sérieux et d’autorité à ce qui n’est qu’un ensemble de règlements futiles ? Le ténébreux ver de terre nous permettant de mieux appréhender la nature évidemment lumineuse des êtres que l’on voit passer devant lui (un dossier sous le bras, notre civilisation étant bureaucratique) ? Un élément, mineur, de l’apparat officiel, dont l’aspect religieux vient du temps où le pouvoir était supposé divin ?

Réagir à l'article :
LE DEVENIR
SPIP | squelette | Se connecter | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0