Une âme parmi les autres

Etre au monde

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dimanche 8 juin 2008

Naître enfin au monde ou mourir,
ou perdre ma dignité…

Il n’y a pas d’autres choix possibles.

 
Naître au monde, je ne demande que cela, depuis toujours, et j’ai essayé bien des fois…
et j’ai aussi renoncé bien souvent. Le monde, de toute façon, est si décevant !
Eh bien ! raison de plus pour ne pas l’être soi-même, décevant !

 
Naître enfin au monde… Jusqu’à aujourd’hui je n’ai jamais existé que dans la musique, en dansant ; sans elle, je ne suis rien. Lorsque je danse – même en couple – mes premiers partenaires sont les musiciens ; c’est avec eux que je dialogue. Enfin… que je dialogue, façon de parler : ils ne me répondent guère, ils ont trois cents interlocuteurs et moi je n’ai qu’eux (en fait ils me manipulent et moi j’en redemande !)

 
Naître enfin au monde, vivre autrement qu’un ver…
pour faire un peu plus que tenir le coup, tant qu’à faire…

Ma demeure mal entretenue vue du jardin mal entretenu

Bien, voici le programme : Commencer par faire le ménage dans ma demeure, elle est dans un état épouvantable, tout s’y accumule depuis plusieurs semaines : la poussière, les emballages, les papiers, la tristesse…

Puis, me forcer à recevoir des gens. Enfin, pas trop non plus, il ne faut pas faire les choses à contre-cœurs.

En fait j’ai déjà essayé cela ces dernières années, un peu, un tout petit peu ; mais ça ne prend pas, je m’ennuie avec les gens, et ce n’est pas eux la cause de mon ennui, c’est mon comportement en leur présence qui le cause, car il ne ressemble pas du tout à ce que – parfois – je suis dans la musique : spontané et sans retenue inutile.

Etre au monde, facile à dire !

Etre au monde… être, c’est-à-dire être joyeux, tout simplement. Il y a tellement de choses dont on peut se réjouir… dans les contacts avec les autres !

Facile à dire…

C’est tellement plus simple avec la musique, elle ne me regarde pas, elle, la musique (et le plus fort c’est que je le regrette !), elle ne pense rien de moi, elle ne me condamne pas, la musique…

 
Parvenir à voir les autres comme j’entends un air à danser, une mélodie ? la solution est peut-être de ce côté-là.

 
En tout cas ne pas attendre quoi que ce soit, qui que ce soit ; faire !

Mais aussi savoir recevoir et saisir l’occasion, l’instant, un visage nouveau ou qui soudain paraît sous un jour nouveau…
(Facile à dire… !)

 
En même temps, ne pas mettre la barre trop haut. J’ai passé récemment cinq semaines en Nouvelle-Zélande avec pour but principal de me mettre enfin à parler anglais. J’ai suivi des cours là-bas. Au retour je me suis arrêté six jours en Californie et une petite journée en Angleterre. C’était un joli programme qui aurait dû donner d’assez bons résultats.

Lors d’une excursion en Nouvelle-Zélande

Eh bien non ! Que s’est-il passé ? J’ai régressé, je me suis comporté là-bas comme je me comportais il y a trente ans dans mon pays : j’ai évité au maximum les échanges. Et ça, je sais faire ! Par exemple, acheter des produits alimentaires déjà emballés et prêts à emporter pour n’avoir rien à demander…

Je ne sais même pas trop pourquoi je parle de régression, je me comporte toujours ainsi, je ne demande jamais rien à personne, même pas "comment ça va ?" lorsque je rencontre une connaissance (et je ne sais pas, je n’aime pas, répondre à ces petites questions rituelles).

On apprend à parler une langue en pratiquant la conversation de tous les jours. Or, je n’ai pas de conversation de tous les jours, absolument pas. Comment me mettrais-je à faire dans une langue étrangère ce que je ne fais pas dans ma langue maternelle ?

 
Le pire, c’est que je m’attendais à cet échec.
Bah, je sais maintenant que je n’ai pas vraiment besoin de cours de langue : pour la théorie, j’ai toujours su me démerder tout seul !
Forcément : je ne sais pas me démerder quand je ne suis pas tout seul… Je ne sais pas plus parler en public qu’embrasser une femme en public, par exemple !

Naître enfin au monde ou mourir,
ou perdre ma dignité…

Il n’y a pas d’autres choix possibles.

Bon, je vais faire le ménage…

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