Rupture

Se débarrasser de la Science et puis danser ?

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samedi 13 janvier 2007

Ce que je dis – dans mon dernier message – des danses traditionnelles, est lié à mon expérience de quelques-unes de ces danses (vendéennes, bretonnes, estoniennes, sardes…) ainsi qu’à ma lecture toute fraîche de La Folle Histoire. J’ignore s’il existe des éléments historiques pouvant corroborer cette thèse. Autrement dit, ça n’est qu’une hypothèse de travail dans ma recherche d’une meilleure connaissance de la situation de l’humanité et de ses possibilités de se tirer du mauvais pas où elle se trouve.

A propos de Connaissance, La Folle Histoire – toujours elle – prétend que le désir humain de savoir, de comprendre, et celui – concomitant – de maîtrise de la Nature, sont intimement liés à la perte de ce sentiment d’unité qui était profondément ressenti par les populations primitives [1], un sentiment d’unité avec l’univers, tel que la conception que nous avons aujourd’hui de la liberté individuelle serait un parfait non-sens si nous partagions encore ce sentiment.
Dans sa critique globale de la civilisation, Bounan va jusqu’à associer le besoin d’accumulation de connaissances et la névrose obsessionnelle, caractéristique de la civilisation marchande – selon lui. Il se peut qu’il n’ait pas fondamentalement tort, il n’en reste pas moins que le désir de connaissance et la volonté de maîtrise de la Nature sont le propre de l’homme et qu’il serait peut-être dommage de s’en débarrasser, si c’était possible. Les névroses sont essentiellement des conséquences de la civilisation, même si elles deviennent aussi des causes de son évolution. Bounan lui-même explique très rapidement comment nous avons quitté le Paradis Terrestre sous la pression démographique et comment il en est résulté une société de classes. Le problème est là : la connaissance de la Nature s’est forcément trouvée au service de la classe dominante, de tous temps ; par exemple, les mathématiques se sont développées au service des marchands. Ce qui fait que les sciences et techniques ainsi élaborées servent peu l’ensemble de l’humanité, mais servent énormément la classe en question. Faut-il pour autant en accuser les sciences, la Connaissance, ou même le projet de maîtrise de la Nature ? Faut-il se débarrasser de nos réfrigérateurs et de nos appartements chauffés à 18°C et plus ? Faut-il rejeter toute la pensée grecque et ces suites ? Faut-il cesser de tailler la vigne par respect pour le vivant [2] ?

[1Nous pouvons aujourd’hui sans crainte qualifier des hommes de "primitifs" : comme l’humanité a perdu sa foi dans le progrès, le terme de "primitif" perd sa traîne péjorative.

[2L’ensemble des êtres vivants considéré comme partie de nous-même, car c’est aussi cela le sentiment primitif d’unité.

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