Notes ouvertes

L’ère du réseau (étude)

Accueil > Points de vue > Notes ouvertes > L’ère du réseau (étude)

mardi 10 octobre 2017

Bien sûr, les marchands auront été les premiers à saisir tout l’intérêt pratique du développement dit "numérique". Le monde scientifique, lui, est à la traîne. Je ne suis même pas sûr que, dans les domaines scientifiques militairement stratégiques, on ait pu réagir aussi rapidement que les marchands.

Le côté capteur du big brother dit "numérique" est un extraordinaire outil qui s’offre à toutes les sciences relatives à la nature psychique de l’être humain. Les sciences, même celles dites "humaines", se nourrissent de données quantifiables, et pour cela il faut des capteurs et des mémoires. Ce sont là des besoins quasi identiques à ceux qu’éprouvent les institutions policières et de gouvernance (gestion centralisée des populations et de leurs agissements, par l’intermédiaire d’une classe bureaucratique) [1].

En observant cela, j’aperçois la faiblesse du mot "marchand" pour désigner les acteurs dominants du pseudo-monde. Ceux qui dirigent la planète et ses populations humaines ont beau avoir une origine marchande, ils s’en détachent de plus en plus avec le temps. Ou plutôt, tout en restant encore marchands pour le moment, ils deviennent autre chose, une chose faisant penser à l’inquisition.

L’inquisiteur apparaît lorsqu’il y a un prescripteur dans le besoin. Il y a déjà longtemps que le marchand s’est fait prescripteur, mais la grande puissance de son nouvel outil lui permet d’avoir de nouvelles ambitions. Et apparaît là le coté effecteur du "numérique".

Dès le début de la domination occidentale marchande, ont été développés une bureaucratie et une législation dignes des plus forts empires de l’Histoire, et qui allaient les dépasser.

P.-S.

(le 13) Le grand développement actuel des drones participe au même développement militaire, policier et marchand, que le numérique. La progression du pseudo-monde ne peut se faire que dans ces trois dimensions-là, il ne connaît que cela ; voilà, dans toute sa nudité, la nature du pseudo-monde, dont les réalisations majeures – ses "merveilles" –, sont les bombes atomiques, les boucliers "antimissiles", la Station Spatiale Internationale, le superordinateur, le réseau Internet, les robots mobiles (livreurs, policiers ou soldats ; et devant être vus comme des prolongements ’matériels’ du ’réseau’ électronique).

[1(ajouté le lendemain) En me remettant à essayer de finir le rangement (et donc le tri) de mes papiers, je tombe sur un article de Ouest-France datant du 20 septembre 1999 et intitulé "La cybernétique plane sur Nantes". Son dernier paragraphe montre que le monde scientifique est loin d’être à la traîne – du moins lorsque les intérêts des industriels marchands et des États (chargés de la gouvernance) sont en jeu. Le voici :

Mais les activités de l’Ircyn [l’Institut de recherche en cybernétique de Nantes] devraient également prendre un nouvel essor avec l’élargissement du champ des applications vers des systèmes biologiques ou sociaux. Développer la place de l’homme au cœur de la cybernétique, avec pourquoi pas la création d’un département de psychologie cognitive, voilà sans doute le prochain défi de l’institut au sein de ses nouveaux locaux.

Peu après 99, l’IRCyN devint IRCCyN, Institut de Recherche en Communications et Cybernétique de Nantes. Il accueillit en 2001 « une équipe des Sciences de la Vie "PsyCoTec" spécialisée en psychologie cognitive et travaillant sur les problèmes d’interaction Homme-machines » (source).

En développant Internet, les industriels marchands et leurs valets préposés à la gouvernance des "nations" voyaient-ils vraiment vers où ils allaient et nous conduisaient ? Peut-être pas tant que cela ; en tout les cas, les problèmes nouveaux posés par les activités d’entreprises comme Facebook n’entrent pas encore, semble-t-il, dans le champ d’activité de l’IRCCyN.

 
 
LE DEVENIR
SPIP | Se connecter | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0