Notes ouvertes

L’empire romain d’orient n’a jamais disparu

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jeudi 12 octobre 2017

Bon, le rangement de mes archives n’a pas avancé d’un pouce. Il est ralenti par une nécessité et une difficulté : ces archives sont intéressantes et j’ai intérêt de les relire (c’est bien pour cela que je les ai constituées), mais j’ai du mal à trouver comment les ranger de façon à ce qu’elles puissent servir commodément (je me demande s’il ne serait pas à la fois plus simple et plus efficace d’en rendre compte ici puis de jeter à la poubelle les papiers).

Le 24 novembre 1998, paru dans Le Monde un entretien avec l’écrivain Jacques Lacarrière, « spécialiste du monde hellénique » : « Pour un Grec, l’orthodoxie, c’est sa maison ». Selon Lacarrière, la Grèce n’est pas européenne mais orthodoxe ; les habitants de la Grèce, même ceux qui ne croient pas en un Dieu, sont orthodoxes, ou tout au moins ont un fond orthodoxe (donc un inconscient au moins en partie orthodoxe) ; et la langue grecque elle-même, protégée par les prêtres de l’invasion culturelle ottomane (ils l’enseignaient), est orthodoxe, a été sauvegardée parce qu’elle est orthodoxe (et "la langue des évangiles").

Cela a de considérables implications géopolitiques. La Russie, la Serbie et quelques autres partagent une culture, une culture vivante, avec la Grèce. C’est-à-dire que, par certains côtés, Athènes est plus proche de Moscou que de Paris [1].
Dans ce monde-là, le politique n’a pas été séparé du religieux comme cela a été tenté, avec plus ou moins de succès, dans le reste de la chrétienté.

Bon, ceci est le point de vue qu’avait feu Jacques Lacarrière, sa pertinence est forcément limité mais certainement bien loin d’être nulle.

Mais les particularités économiques de la Grèce ne me semblent pas relever beaucoup de l’orthodoxie, si j’ose dire. Extrait de l’article :

J’ai beaucoup séjourné, ces dernières années en Epire, dans le nord de la Grèce. Il y a là des villages à peu près équivalents à celui où je vis en Bourgogne. Dans mon village bourguignon, il n’y a plus rien depuis dix ans : plus d’autocar, plus de café, plus d’école, plus de commerçant. En Epire, dans des villages de taille comparable, il y a des autocars qui s’arrêtent, les cafés sont pleins, il y a un boulanger, un boucher. Mais la moitié de ces activités ne sont pas déclarées. L’Europe arrive là-dessus avec tous ses règlements. Je ne vois pas comment les normes européennes pourraient être imposées du jour au lendemain.

On peut aussi douter de la supériorité du village bourguignon sur le village de l’Epire.

[1Bien qu’au temps de Constantinople, la "Russie" n’était qu’un pays de taille modeste.
Sources d’information pas complètement nulles pour les ignares dans mon genre :
- C’est Byzance !
- Les vieux-croyants unis à l’Église orthodoxe russe (« edinovertsy ») : hier, aujourd’hui et demain
(la seconde source éclaire un peu la première – l’univers des religions est d’une complexité étonnante ; à coté, l’univers des régimes politiques semble être d’une simplicité… biblique ; bizarre…)

 

Liturgie divine "missionnaire" de saint Jean Chrysostome, Cathédrale Saint-Isaac, Saint-Pétersbourg, 14 juillet 2012

 
Autre source : une histoire (très) abrégée du chant orthodoxe (qui me donne l’impression d’être une traduction pas très bien faite).

 
 
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