Ames perdues

Bienheureux accident, sainte catastrophe, prenez soin de nous !

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vendredi 10 novembre 2017

N.B. Ceci n’est pas une moquerie mais une expérimentation-exploration. Il serait cependant préférable de commencer par l’étude des anciens français et autres langues d’oïl et d’oc (anciennes et actuelles).
Bien entendu, le fond est tout aussi sérieux et la motivation première de ce texte.

 

Celuelle-là qui, petit enfant – Aïe ! Comment faire avec ces faux neutres [i] ? Recommençons…

Celuelle-là [1] qui, au cours de sa petite enfance [2], découvre que lorsqu’ielle vient d’avoir un accident son entourage prend beaucoup plus soin d’uelle, fait beaucoup plus attention à luelle, celuelle-là risque fort d’adopter inconsciemment mais une fois pour toutes la stratégie de l’accident. Doté.e [3] alors d’une croyance en la bienfaisance des catastrophes, ielle sera dans l’incapacité d’apprendre à s’en protéger.

P.-S.

Devant un cas comme cela que l’on sait durer depuis un demi-siècle et davantage et qui, bien évidemment, dure encore malgré le très lourd prix payé en échange de l’assistance – le pacte avec l’accident est digne d’un pacte avec le diable –, devant une telle situation, que faire ? Y a-t-il encore quelque chose à faire ? Existe-t-il des gens en mesure de corriger, même aussi tardivement, de pareilles situations ? En existe-t-il même qui soient capables d’intervenir beaucoup plus précocement, dans les premières années ?
Ce serait bien, parce que la situation tend à s’aggraver avec les années, les maux inconscients ne se guérissent pas tout seuls !

(je prends le risque de réactiver le forum tellement j’aimerais qu’on me réponde à cela)

(le 26 décembre) Toujours à propos du sexisme de la langue, Claude Hagège fait, dans une tribune au Monde, une très pertinente remarque : « Ce n’est pas l’intervention sur la langue qui transformera les comportements sociaux. C’est l’évolution des comportements sociaux qui s’inscrira dans la langue. »
Il s’agit donc moins d’un sexisme de la langue que d’un sexisme qui se retrouve dans la langue. Mais, si la langue ne crée pas le sexisme et ne peut pas le détruire, elle contribue à son entretien.

[i(ajouté le 20 novembre) J’apprends, en lisant une tribune du Monde signée par deux membres du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, que nous avons ici affaire à un mot épicène. "Enfant", tout comme Camille ou Claude ou Alix, est un mot épicène. Si j’ai bien compris, ce n’est jamais qu’un genre de neutre, mais réservé aux êtres vivants – car la langue, en tout les cas la notre, s’est permise la haute fantaisie de sexualiser les choses, les êtres inanimés !
Il n’empêche que l’expression "petit enfant" constitue un faux neutre tout court, car petit n’est pas un adjectif épicène. Et que, d’autre part, les prénoms Claude et Camille ont une terminaison qui, le plus souvent, marque un féminin ; idem en ce qui concerne Alix, sauf qu’il s’agit alors d’un masculin. Mais les contre-exemples ne sont pas rares, car notre langue est folle et sans doute n’est-ce pas la faute seulement aux grammairiens, n’empêche… A quoi sert un grammairien ? A mettre au point une langue de Pouvoir, une langue du Pouvoir – au sens où l’on entend le plus souvent ce mot de nos jours, c’est-à-dire au sens de "pouvoir sur les autres", que le moyen employé par lui soit la force, la propriété (la possession) ou la persuasion (l’idéologie).

[1Bien entendu sans e muet. D’ailleurs, nous avons trop de e muets.

[2En francophonie l’enfance, comme la Lune ou la Terre, est féminine. Pourquoi ? Il serait plus logique qu’ils soient neutres – comme les "ils" de cette phrase sont censés l’être, mais ce sont encore des faux neutres.
En n’étant pas réellement neutre, "il" participe à la construction des genres ; il n’est pas possible que la grammaire soit indépendante de la société – en revanche, une communauté n’aurait pas à se soucier d’une science grammaticale, sa langue se contentant d’être produite quotidiennement par la vie communautaire ; tandis que dans une société on ne vit pas : on mesure et calcule, ou bien l’on décrète, puis l’on fabrique.

[3Tiens ! Avec ou sans point, ce e est muet. Nous allons avoir à modifier en profondeur le vocabulaire. Et pourquoi pas ?

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