Ames perdues

Le besoin inconnu

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mercredi 22 novembre 2017

Le bagarreur n’a pas peur de faire mal, c’est en partie à cause de cela qu’il est un bagarreur. Mais voilà la cause essentielle : il ressent le besoin de faire mal et il ne le sait pas.
Il ne le sait pas parce qu’il a oublié pourquoi.

Le mal, je veux dire la violence, toute forme de violence, a pour première origine un traumatisme [1].
Entre cette première origine et son dernier résultat, il peut s’être glissé beaucoup d’événements et beaucoup d’acteurs, mais l’origine reste l’origine et, dans la tête du bagarreur, elle est actuelle, agissante, mais hors de la conscience.

P.-S.

(ajouté le 27) On pourra me rétorquer que, par exemple, il existe des hommes (des humains mâles) habitués à battre leur femme et qui se rappellent avoir vu, dans leur enfance, leur père donner des coups à la sienne. Oui, dans de tels cas, ce que je qualifie ici de traumatisme initial semble n’être qu’un exemple éducatif, une leçon, et nous savons que les exemples reçus de très bonne heure dans la petite enfance ont de grandes chances d’être suivis lorsque l’élève sera à son tour dans la position du maître (et que, longtemps auparavant, il se sera exercé dans la cour de l’école).

Mais nous savons également que le traumatisme est un mode d’initiation bien connu.

Il n’est pas possible d’en conclure que l’initiation est oubliée, bien sûr, ce serait un parfait non-sens. Mais la nature traumatique des débuts de l’initiation, elle, a bien disparu de la mémoire consciente. C’est lorsque la douleur du début s’est retournée en plaisir que la leçon est apprise.

[1Tout besoin a pour source quelque chose d’apparenté à un traumatisme, d’assimilable à un traumatisme. Même la faim, même le sommeil.

 
 
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