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Courts-circuits

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lundi 29 janvier 2018

Notre jeunesse étudiante, étant concentrée dans des villes dites parfois "étudiantes", est élevée en séparation d’avec la vie normale, c’est-à-dire d’avec les communautés multigénérationnelles s’activant au présent à la vie matérielle et "spirituelle" de tous. C’est cela, cette mise à distance physique ajoutée à une mise à distance intellectuelle et culturelle, qui permet de révolutionner le monde en permanence, le monde et la vie normale en ce monde.

Ils sont dressés excellemment : soirs et week-ends, ils vont parfois casser la croûte dans des établissements dont le décor rappelle celui des cantines scolaires, et s’y font biper quand leur plat est prêt. (…Le bip, héritier de la cloche monastique ?)

*    *    *

Propos un peu outranciers sans doute. Écris sous l’effet d’un week-end essentiellement occupé à découvrir quatre films documentaires sur ce monde : Under the sun, The act of killing, et en accompagnement les courts-métrages Soleil sombre et Miss Rain. Les deux premiers ont ceci en commun qu’ils ne sont pas les films qui avaient été envisagés au départ et qu’ils montrent des serviteurs de crimes en train de filmer pour la gloire de leur maître ou de leur propre vie. Under the sun, de Vitaly Mansky, nous montre un petit pays totalitaire en train de monter un film documentaire (de propagande) sur lui-même, la Corée du Nord ; au XXIe siècle. The act of killing, de Joshua Oppenheimer et Christine Cynn, montre des tueurs d’un grand massacre d’« opposants politiques » (je mets entre guillemets parce que les combats dits "politiques" sont, comme les guerres dites "de religion", également des guerres de clans, idéologiques mais cependant se préoccupant de territoires d’influences), des malfaiteurs indonésiens devenus tueurs politiques prenant plaisir à rejouer leurs crimes… jusqu’à un certain point.
Les deux suivant sont axés chacun sur une femme continuant d’affronter le monde humain qui l’a étouffée dès son enfance, continuant d’affronter cet étouffement. Que ce soit en Avignon en se droguant (film de Marie Moreau), ou au Cambodge en fuyant la terre ferme (où les tueurs de Pol Pot avaient massacré – film de Charlie Petersmann).

 

Under The Sun Official Trailer (2015)

 

P.-S.

(le lendemain) Hier, je n’avais pas remarqué qu’était également disponible la dernière scène de Under the sun, à mes yeux la meilleure (elle résume tout le film, et bien plus que le film) :

 
 
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