Une âme parmi les autres

Traumatismes dits crâniens : mise au point

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vendredi 16 mars 2018

Jusqu’à ces dernières semaines, j’étais persuadé de n’avoir subi dans ma vie qu’un seul traumatisme "crânien", et voilà qu’un médecin, plus à l’aise que moi dans la lecture du langage abréviatif siglique médical, me demande quel est donc cet antécédent traumatique signalé dans le compte-rendu du neurochirurgien qui m’a opéré. Je n’ai pas su lui répondre. J’avais d’abord pensé à une chute sur une marche en ciment dans mon enfance (sans perte de connaissance), mais ce ne pouvait être cela, les institutions médicales n’en ayant jamais entendu parler (du moins à ma connaissance). Non, il s’agissait d’un accident de voiture remontant à seulement une dizaine d’année. Je m’en souviens très bien, mais pour moi ce n’était que l’accident qui avait abîmé mon arcade sourcilière gauche, non un traumatisme "crânien" ! M’avait-il seulement fait une bosse comme la marche de mon enfance ?

Une bosse… En général, les bosses au crâne sont des bosses sur le crâne dues à des épanchements de sang sous la peau ou le cuir chevelu, et le crâne lui-même n’est pas traumatisé. En revanche, le cerveau à l’intérieur a été rudement secoué, ce qu’il supporte en général très mal.

Je ne me souviens pas avoir eu une bosse cette fois-là, ni lors de ce que j’appelais jusqu’ici mon traumatisme crânien. Mais les trois traumatismes en question étaient tous bel et bien des traumatismes cérébraux, et il me semble que nous nous parlerions plus clairement, et que nous penserions plus clairement, si nous les nommions ainsi.

Le troisième accident en question fut de loin le plus sévère parce que le sang, au lieu de s’épancher à l’extérieur du crâne comme lors du premier, s’est épanché à l’intérieur, en prenant une place jusqu’alors occupée par mon cerveau. Problème !

Quant au deuxième accident, il occasionna tout de même une mise au repos de mon ensemble organique mnésique, durant environ 24h – mon « je m’en souviens très bien » de tout-à-l’heure n’est qu’une façon de parler ; je me souviens du juste avant et de l’un peu après.
Peut-être que la durée de cette mise au repos est souvent une mesure correcte de la gravité de la secousse, je ne sais pas, mais au regard de mes trois expériences elle semble très correcte : à mon dernier accident cérébral, l’arrêt de travail de mon ensemble mnésique dura huit ou neuf jours (durée peu précise ; mon cerveau étant alors en vacance, mes capacités de travail étaient également amoindries – elles le sont encore 18 mois plus tard, mais heureusement dans une moindre mesure).

Voilà pour cette nécessaire mise au point. Je ne parlerai plus de traumatismes crâniens autrement que pour désigner des fêlures de la boite crânienne.

P.-S.

(le lendemain) Bon, l’arcade sourcilière fait partie du crâne (au sens large), mais le choc qu’elle prend n’a pas à être absorbé par l’œil ou par le cerveau. Mon deuxième traumatisme peut donc être dit crânien, à la rigueur, mais il a également été cérébral.

Il fut le premier d’une série noire que, jusqu’à ces derniers jours, j’attribuais à mon état psychologique d’alors. Ignorant sortir d’un traumatisme cérébral, je n’avais pas pensé qu’un cerveau ayant récemment eu son dispositif mnésique hors service pendant 24H, pouvait avoir ses facultés de jugement et d’évaluation des risques quelque peu amoindries, ainsi que, peut-être, l’agilité de ses ordres réflexes. Le premier accident a sans doute créé des conditions propices aux deux suivants de cette série noire (ils furent sans gravité, mais le dernier aurait, aussi bien, pu être mortel : un coup de tronçonneuse, en étant perché dans un arbre, sans témoin).
Une fin d’automne et un début d’hiver bien rempli – tiens, il faut que je vérifie les dates…

 
 
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