Rupture

L’industrie de sécurité sociale ne tremble pas encore

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mardi 10 avril 2018

« Seules nos émotions devraient nous faire trembler », dit le slogan de la campagne menée par l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM) dans le cadre de la journée mondiale de la maladie de Parkinson (11 avril). Oui, seules nos émotions devraient nous faire trembler. Mais alors, il serait préférable de faire beaucoup plus attention dans nos interventions médicales sur les récepteurs dopaminergiques de nos corps ; parce que, normalement, ils participent à nos émotions, en sont grands acteurs. Les perturber intempestivement peut faire apparaître des apparences d’émotions factices.

Un considérable abus du commerce et de l’utilisation des neuroleptiques – autrement nommés antipsychotiques [1] – doit faire partie des accusations à porter contre l’industrie pharmaceutique. Les syndromes parkinsoniens n’ont pas toujours pour origine la vie biologique naturelle de la personne qui en est atteinte, ils ont parfois une origine médicamenteuse.
Bien sûr, nous savons bien qu’avant de mettre sur le marché un produit, nos industries prennent toujours soin d’en examiner attentivement les conséquences, de peser le pour et le contre ; avant, et aussi pendant, afin de s’assurer d’avoir fait un choix pertinent du point de vue des intérêts collectifs. Nous ne doutons pas que la raison d’être de nos industrie est le bien commun (les industriels ont pourtant l’air de penser que nous en doutons, à en juger par le souci qu’ils ont aujourd’hui de nous convaincre de leurs bonnes intentions via quelques opérations de communication et un lifting des méthodes de recrutements et de gestion du personnel, et dont témoigne également leur élaboration d’un modèle de "savoir être" à imposer à leurs nouvelles recrues (c’est un critère de sélection) et à inculquer aux anciennes (il peut aussi y avoir sélection à ce stade)).

Bon, il est vrai qu’en même temps, si ce commerce coûte financièrement à la Sécurité Sociale, il donne un coup de main à la sécurité sociale (la police et l’institution judiciaire et pénitentiaire, en plus de l’hopital)…

[1Pour cacher leurs dangers ; car les syndromes extra-pyramidaux, dont font partie les syndromes parkinsoniens, étaient également appelés syndromes neuroleptiques.
Les neuroleptiques sont des antagonistes des récepteurs dopaminergiques de nos cellules nerveuses, et aussi antagonistes de quelques autres des récepteurs en jeu dans les synapses des liaisons nerveuses.

 
 
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