Rupture

L’Eglise économie, son dieu, son ange, et les mécréants

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dimanche 15 avril 2018

L’Etat est un monstre froid, disait Nietzsche, il est aussi un monstre idiot. Il cherche sans répit l’assujettissement de ses périphéries, leur domination, leur mise en coupe réglée, et enfin leur destruction par le nivellement, quand celles-ci peuvent lui apporter bien plus lorsqu’elles demeurent libres. Cela valait pour la Zomia [– Zomia : chaine montagneuse d’Asie du sud-est où se sont installés des populations afin d’échapper aux pouvoirs des plaines des rizières [1] –] comme cela vaut pour Notre-Dame-des-Landes. En l’occurrence, il ne s’agit pas d’une source de matières premières, bien sûr, mais d’une source d’inspiration et d’invention. Car il est probable qu’au moins en germe l’expérience de la ZAD contienne des éléments de solutions à nombre de grands problèmes auxquels nous sommes confrontés.

[…]

pour tous ceux qui doutaient de l’intérêt du projet aéroportuaire, l’important est autant la nature préservée du bocage que l’expérimentation que ses occupants y mènent. Le gouvernement ne l’a pas compris. Il veut garder l’écrin et jeter le joyau.
Stéphane Foucard, journaliste au Monde. Dans cet article.

« Pour tous ceux qui doutaient… » Hum ! Peut-être pas encore tout-à-fait pour tous ceux-là, mais certainement pour beaucoup. Pour tous ceux qui ne sont pas adorateurs du dieu État et de son ange État de droit devant l’autel de la Sainte Église économie.

[1Lire Zomia, ou l’art de ne pas être gouverné, de James Scott ; Seuil, 2013.

 
 
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